Sur la terre des Apaches...
Qui suis-je ?

Liaison par route entre la Louisiane et la Californie où nous passerons cinq mois en famille avant d'y abandonner Frédéric qui ne reviendra, lui, qu'en octobre... Alors que notre "chef de famille" poursuit son projet de recherche pour le FNRS, les autres membres le soutiennent moralement... solidarité au soleil...

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Billet 4 sur 51
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Au revoir, San Francisco...

Aymeric et moi étions partis pour cinq mois et voilà, le dernier week-end est derrière nous  ! La seconde moitié du séjour a filé à vive allure, une minuscule poignée de jours et nous quitterons père et mari, laissé toutefois en de bonnes mains, je vous rassure, la Californie prenant soin de ses résidents comme nul autre état de l’Union .

Ce dernier week-end, justement, fut déjà celui de l’au revoir… à San Francisco. Lorsque la navette a laissé s’éloigner derrière nous les bâtiments s’apetisser, s’apetisser, s’apetisser encore, laissé entrevoir le Golden Gate dont la tête emprisonnée dans la brume offrait en cadeau l’atmosphère typique de cette ville côtière, visualiser une ultime fois Alcatraz fidèle à son île cernée de flots glacés, ce pénitencier dont la taille s’oppose à sa célébrité, mon ventre s’est serré , je me suis alors concentrée sur le petit qui, de son âme d’enfant, ne réalisait pas ce que nous quittions là, bien plus qu’une cité… cinq mois formidables qui resteraient gravés dans ma mémoire. Quelques mots échangés avec Frédéric… pas trop… lui comprenait… Il est parfois plus facile de se taire, ma lâcheté du moment m’aiderait…

Vendredi matin, le réveil nous tire d’un sommeil que nous aurions apprécié plus long, Frédéric a rendez-vous avec la Fulbright pour une visite officielle d’un labo à l’université de Berkeley, dix heures précises, telle est la consigne. Comme on ne change pas une équipe qui gagne, notre timing est compté tel un café serré , ce n’est pas en balade que nous pédalerons vers la gare. Afin de glaner quelques précieuses minutes, notre homme quitte l’appartement en avance pour acheter les billets non sans émettre en fermant la porte : « Ca ira ? Tu connais le chemin ! »… « Ben oui, vas-y, on te rejoint ! »…, le centre ville de Davis est rikiki. Pioupiou et moi le suivons de quelques minutes.

Les pneus de mon vélo étant larges et légèrement dégonflés…, mon panier rempli et le siège arrière, vous avez compris…, mes pauvres cuisses encore froides et mon cœur en plein échauffement…, les prémices du parcours semblent être un calvaire  mais je pédale, je pédale, je pédale… tout en répétant, essoufflée, chaque mot que le petit veut entendre en écho… et le puits est intarissable… mais je pédale, je pédale, je pédale, j’y mets toute mon énergie, confiante, je suis dans les temps, encore cinq minutes et je serai sur le quai, main dans la main avec Aymeric, rejoignant Frédéric en décélérant la cadence, tout roule… Il me suffira de bifurquer dans G street pour apercevoir le parking deux-roues et le beau bâtiment saumon, objectifs à atteindre avant 7h55.

Et là ! Horreur  ! Je suis trop loin ! Qu’ai-je fait ? Mon pouls s’accélère, j’ai l’impression que mon cœur va sortir de ma poitrine, le stress me gagne… Je fais demi-tour mais ne parviens pas à m’orienter, je tourne en rond ! Ce n’est pas possible ! Il me reste à peine quelques minutes… Une dame passe, je demande mon chemin… Bizarre, pour elle, je dois passer sous le tunnel et la gare sera sur ma gauche un peu plus loin… Noooooooon, le cauchemar continue !! Je suis presque certaine à 100% que je ne dois pas emprunter la piste indiquée! Dans la panique, je décide de suivre l’itinéraire de cette personne, après tout, il n’y a pas qu’un chemin pour arriver à l’endroit voulu, je fonce à nouveau… Le petit papote, papote, papote et veut que je répète … Non, Aymeric, maman reprendra son rôle perroquet plus tard, si papa lui laisse une gorge intacte pour ce genre de mission maternelle ! L’énervement m’empêche de réfléchir posément mais Davis m’est suffisamment familière maintenant pour me permettre de réaliser que j’aurais du suivre mon intuition… Ce n’est pas par ici, je repasse sous le tunnel, mon enfant en redemande, il aime les tunnels  !! C’est toujours ça de pris ! … Au loin, un son reconnaissable parmi des dizaines… Le sifflement du train annonce bruyamment son arrivée ! A cet instant, j’imagine sans problème le visage défait de mon mari, penaud sur le quai, se posant mille et une questions qui resteront en suspens jusqu’à ce que sa chère épouse (qui vient de perdre une valeur inestimable en bourse conjugale ) lui en apporte les réponses… Une répétition du son émis quelques minutes plus tôt m’informe que le train s’éloigne… sans nous ! Peu de temps après, Frédéric a l’occasion de voir nos vestes rouges à l’horizon, nous arrivons, Aymeric, tête haute, heureux de voir son papa, moi, tête basse, je ne pense pas devoir en préciser la raison…

Le train suivant se présente trois quarts d’heure plus tard, nous y montons, évidemment, mais l’heure de rendez-vous de notre chercheur fera partie du passé lorsque nous arriverons en gare de Berkeley, soit, on ne sait jamais, peut-être pourra-t-il rejoindre le groupe à temps… C’est dans cette gare que notre équipe se scinde, Aymeric et moi poursuivrons notre route jusqu’à San Francisco alors que Frédéric descend les marches et, après un dernier salut de la main, s’éloigne et tente de s’orienter… Tandis que la machine est sur le point de se mouvoir à nouveau, un sosie de mon mari apparaît dans mon champ de vision, ça, il faut le faire… Les vêtements sont identiques, eux aussi ! Le doute subsiste jusqu’à ce que la voix qui fait vibrer mes tympans se révèle trop évidente, notre petite famille est déjà réunie ! Rapide, la visite ! … Hé bien non, Berkeley n’héberge pas un campus de trois mètres carrés mais sa station est … la suivante  ! Ouf, il s’en est fallu d’un cheveu ! Il y a des jours où…

Dix minutes plus tard, nous réitérons la cérémonie de fraction, nous abandonnons un tiers de notre tribu à Berkeley, vraiment.

Chacun sa tournée, pendant que Frédéric déambule dans le très beau campus de la célèbre université, Aymeric et moi nous rendons au musée d’art moderne MOMA de San Francisco qui expose, entre autre, l’une ou l’autre toile de Picasso (Merci pour ce nom de prononciation aisée, le petit peut, du haut de ses deux ans, vous citer un peintre…), un tableau de Magritte (Je me dois de l’invoquer, ses œuvres attirant mon vote de préférence.) et … la fameuse toile blanche dont mon mari m’avait fait l’éloge lors de sa visite en ces lieux l’an passé, œuvre en trois tableaux (Pas plus, les autres étant les murs du bâtiment .) dont la valeur repose sur la dextérité de son créateur américain Robert S…berg (Oh non, j’ai un blanc !) dont les mains ont apporté les coups de pinceau indécelables à l’œil nu.

Quelques tours de petite aiguille plus tard, nous sommes à nouveau réunis le long de Market Street, les yeux écarquillés et brillants d’Aymeric ne laissant aucun doute sur l’intersection que nous avons choisie pour rendez-vous : le croisement avec Powell Street, voie principale du cable car ! Ding-ding… Evidemment, nous prenons place dans la longue file d’attente afin de l’emprunter, nous aussi, chose promise, chose due, le petit n’attend que ça ! Une demi-heure sous les sympathiques rayons du soleil, notre patience s’accompagne du tintement des claquettes d’un danseur infatigable… C’est notre tour, nous prenons place et les premières sensations d’élévation oblique s’invitent . Ding-ding… A peine le temps pour notre enfant de réaliser qu’il est assis à l’intérieur du wagon que ses petits yeux se ferment… Papa et maman savoureront ces moments pour lui jusqu’à la rue Lombard marquant notre arrêt. Cette voie en pente (Ca va presque de soi.) impose aux voitures un zigzag entre parterre de fleurs et haies précisément taillées. Les nombreux touristes descendent les escaliers longeant la splendide ruelle de part et d’autre, nous faisons de même en n’omettant nullement d’en saisir divers clichés.

Le soleil se plie lentement à l’horizon, nous nous attablons à l’étage d’un restaurant du quartier des pêcheurs, mal nous en a pris, le poisson y est de piètre qualité.

Le cable-car nous attire de sa sonnette, cette fois, Aymeric profite de l’entièreté du parcours. Il est temps de rejoindre notre hôtel, le petit a besoin de repos, la journée a été longue et non dépourvue de surprises. Ding-ding… A demain…


Publié à 02:16, le 19/08/2008, Californie
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Contente!
Commentaire publié par Mathilde102, à 02:16, le 19/08/2008

Que vous soyez de nouveau connectés à internet. A moins que tu ais de nouveau squatté l'ordi de ton mari à l'unif, Karin. Contente aussi que tu aimes Magritte et que vous ayez déniché la rue de Lombards, peut-être, demain, aurais-je droit à Alamo Square ?
Désolée pour la course contre la montre, nous devenons tous complétement débiles quand, pris par le temps, nous ne savons plus où aller. T'en fais pas, c'est normal.

Mille bisous.

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