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Je comprends pourquoi l’état de Californie pullule de piscines, le premier de vos orteils à peine à l’extérieur que vos nerfs sensitifs se mettent en émoi et transmettent l’info illico presto à votre cerveau avant qu’il ne se liquéfie : « Piquer une tête, piquer une tête, piquer une tête ! ». Bon, j’exagère, cette sensation d’appartenir à la famille bonhomme de neige en bain de soleil ne s’éveille qu’à onze heures du matin, avant cela, les 35° ne sont pas encore réunis, le temps est doux…, si doux (A cette température, en Belgique, la météo se nomme caniculaire … Hé oui, ici, point trop d’humidité, à peine 25%, la chaleur semble plus supportable)… mais les Fahrenheit avancent en rythme avec l’aiguille des minutes, montent les échelons un à un… bam, bam, bam, bam…
10h : un petit 27° me permet d’aller courir tandis que Frédéric savoure l’air conditionné de son labo et Pioupiou le bac à sable ombragé du jardin scolaire.
11h : 32°… Ma confrontation face à la mante religieuse repérée sur une marche de l’escalier alors que je m’étire va débuter… JO pour tous. Je monte apprêter mon matériel de compétition alors que l’insecte allongé préfère me narguer de ses pates nues . Combat inégal ? C’est elle qui fixe les règles. Choix judicieux ? L’avenir nous le dira… Les gradins se remplissent, pétales, pierres et autres papillons se positionnent autour de nous, le stade est comble, la bataille promet un niveau d’excellence olympique… Notre adversaire commun ? Un soleil qui se plombe davantage alors que le chrono s’égraine… bam, bam, bam, bam…
11h30 : La bête à tête triangulaire a été capturée une cinquantaine de fois à travers mon objectif grand zoom (Heu, pas trop rapproché quand même, le plan… Si je grossis encore son visage alors qu’elle me fixe de ses énormes yeux, mon cœur se met à palpiter, elle m’effraie ! ... Gare aux sourires narquois ou je vous envoie une photo qui remplit votre écran ! BOU !) … La chaleur n’étant pas encore écrasante, ma patience reste intacte, pas entamée d’un chouya, une attitude zen est de rigueur… Petit hic cependant, du côté des 6 pates, rien ne laisse paraître un stress quelconque, l’animal semble imperturbable, se maintenant en zone d’ombre, sachant pertinemment que la clef du duel se camoufle là… Cette demi-heure nous sert d’échauffement, mon vélo attend que je l’enfourche pour aller rechercher mon petit bout au Tender Learning Care… Mi-temps…
12h : Je suis super contente, les institutrices m’ont affirmé qu’Aymeric avait passé une bonne matinée . Toujours bon à prendre pour renforcer un moral de vainqueur ! La confrontation va pouvoir reprendre… Un bon petit dîner entre fils et maman, une sieste réparatrice pour le plus jeune des deux… tandis que mes petites gambettes me transportent jusqu’au stade dans lequel mon adversaire tient déjà une place stratégique.
13h : 36,5°… Une chaleur foudroyante s’empare de mes épaules… et du reste, aucune parcelle n’y résiste ! Il va falloir tenir, tout se joue dans la tête, je vais devoir être solide pour remporter ce tournoi numérique… Oh ! Omission stupide, comment voulez-vous suivre le combat sans en connaître les règles et les aboutissants ? Ce sera vite expliqué, mon but est d’obtenir un cliché de l’insecte d’un si beau vert mis en valeur par la luminosité solaire, celui de mon opposant est de tenir bon dans son aire ombragée… Les règles ? Néant, tous les coups sont permis. C’est une guerre des nerfs sans précédant qui se joue en ce moment dans la cage d’escalier de notre appartement !
13h30 : La température monte encore… bam, bam, bam, bam… Ou serait-ce les battements de mon cœur mis à rude épreuve sous les degrés qui se font ouïr… Les deux se conjuguent. Ma peau n’est autre que le lit d’une rivière, des torrents s’écoulent, je ne peux trouver qu’un maigre apaisement à la base du palmier faisant face aux marches mais je me dois alors de reculer de quelques pas, erreur fatale si mon ennemi s’aventure à ce moment précis dans le champ de vision solaire. Je reviens donc en pleine lumière, vulnérable, tandis que la mante fait mine de vouloir déplacer son corps… Aurait-elle perdu patience ? Je n’ose y croire, je ne me laisse plus que quelques minutes sur le grill après quoi, je déclare forfait. Je croise les doigts, ‘vas-y ma jolie ’ (Que ne dois-je pas prononcer afin d’amadouer la créature.), ‘goûte au plaisir de la face supérieure de la rampe, allez, allez’. Je tente un ‘Let’s go’, après tout, elle est américaine… A la vitesse horaire d’un paresseux, ses pates grappillent une poignée de millimètres vers la cible que je lui propose…
Peu avant 14h, 38° : Suspense de fin de rencontre intenable… Si j’étais en début de séjour californien, ma peau aurait déjà viré à l’écarlate depuis belle lurette mais à ce niveau, j’ai un solide entraînement depuis maintenant près de cinq mois … Ce n’est pas cette perspective qui me fera donc flancher… C’est alors que la mante… marque un arrêt final… toujours sous la rampe, tête qu’elle a triangulaire en bas, pates sextuplées pointant l’astre qui vole mon ultime énergie, moqueuse, hautaine… Elle ne bougera plus , mon courage aura été vain opposé à un adversaire qui n’avait rien à perdre !
14h : Tout ça pour ça… Je monte les marches une à une, secouant la tête de dépit lorsque j’arrive à la hauteur de cet insecte que je n’aurai pu immortaliser de manière optimale. C’est en nage que je pénètre dans notre appartement climatisé, m’installant devant l’ordi afin d’y télécharger les clichés peu lumineux de ma mante religieuse mâle (Hé oui, je l’ai vue voler sur un mètre cinquante pour aller rejoindre un autre point d’ombre et ce soir, après avoir glané l’une ou l’autre information sur la toile, je m’endormirai plus érudite, si cet insecte a pu se déplacer dans les airs, il ne s’agit ni plus, ni moins, que d’un mâle, la femelle étant plus grande, trop lourde pour ses ailes).
16h, 39° : Cérémonie protocolaire, après Michael Phelps et ses trois (avant les suivantes) médailles d’or… en grand bassin (On y revient.), notre mante prend la plus haute marche du podium en l’honneur des USA… En plein soleil ? Je ne sais… Le moral photographique dans les chaussettes (que je ne porte pas, ce ne serait pas le top avec des sandales ), j’ai laissé à Pioupiou tout le loisir de grimper à sa guise sur les marches … du toboggan… ombragé !
Je comprends pourquoi l’état de Californie pullule de piscines, il ne se passe pas un jour sans que l’esprit s’évade, offrant un mirage rafraîchissant de nos corps faisant trempette dans la REC pool (Ne me demandez plus pourquoi l’eau du bassin ici en bas est toujours aussi froide alors que les températures oscillent quotidiennement entre 35 et 40 degrés ! Je n’y comprends rien ! Elle n’est pourtant pas immense, cette piscine ! Il y a néanmoins progrès depuis ma première séance relatée il y a trois mois, lorsque j’y pénètre, l’eau ne me fait plus mal… Il est même possible d’y rester après un petit échauffement, chouette, non ? Le petit s’y est même aventuré une fois jusqu’aux genoux ! Bravo, Pioupiou ! Frédéric, lui…, la boude toujours !
Les plongeons en famille, c’est donc le plus souvent possible (en fonction des horaires de travail du chef) et dans la grande piscine si douce… C’est là qu’Aymeric progresse à pas de géant, l’eau est son amie, il l’a apprivoisée… et une copine si précieuse en ce lieu, on la garde !
Hop, trente minutes de longueurs pour maman tandis que papa veille sur notre nageur en herbe… et hop, rôles inversés… Pour ça, rien n’a changé, cette organisation élaborée en début de séjour est toujours d’actualité… La différence ? Pioupiou néglige la pataugeoire, il a grandi, notre enfant, dorénavant, c’est la grande piscine, comme ses parents… et là on dit merci aux marches qui descendent dans le bassin, idéales pour la transition!
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Voici la dernière semaine aux USA qui montre le bout de son nez (du moins pour le petit et moi, Frédéric en compte 7 de plus, lui)... et, certainement pour que la boucle soit bouclée, nous avons à nouveau des problèmes de connection!!! Du coup, me revoilà sur le campus pour chiper celle de notre chercheur...
Pour cet ultime week-end, nous allons dire au revoir à San Francisco... Dimanche prochain, nous serons dans l'avion...
Bisous à tous!
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