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Dimanche matin, petit pique-nique dans la chambre… au menu, pain à la cannelle, pas mauvais du tout, cela nous change des tartines américaines que nous mâchons depuis maintenant trois mois… Combien de temps garderons-nous le cap ? (A mon avis, dans les prisons de ce pays, les détenus tel Wentworth Miller ne se font pas livrer des oranges mais du pain européen pour adoucir leur incarcération ! … Mille excuses pour le parallèle (hum hum) mais nous sommes au cœur de l’évasion, la série ( ) se laisse dévorer… comme des petits pains… de notre continent d’origine).
Rassasiés, nous pénétrons à nouveau dans le parc Yosemite… Avant l’emprunt de la navette qui nous mènera vers une parcelle boisée non accessible aux voitures privées, un paysage serein aux teintes fraîches hèle notre petite équipe. Une étape aguichante. Nos pas tambourinent sur le sentier de planches rehaussé permettant la balade à travers la verdure protégée, quelques clichés rapprochés de la cascade en spectacle ( "Le voile de la mariée") et de l’environnement brut, séance d’équilibre sur les bordures de la sente pour notre enfant et nous poursuivons notre chemin.
Nous accédons au cœur de la forêt de séquoias où une promenade au milieu des senteurs d’épineux avec pour élément additionnel au décor naturel une rivière (pour laquelle Aymeric précise que ce n’est « pas jus pomme », je le cite ) invitant les éclats du soleil à virevolter au rythme de ses gouttes sautillantes nous attend. Quelques écureuils, geais et autres oiseaux y jouent le rôle de figurants. Nous savourons cette balade…
La distance séparant ce parc de notre habitation californienne étant importante (quatre heures de voyage), il est temps pour nous de rebrousser chemin, non sans avoir hésité au préalable à rejoindre l’un ou l’autre point d’intérêt supplémentaire de l’endroit. La raison l’emporte sur le désir insatiable de découverte du pays… Tom Tom organise notre retour en tenant compte des données fournies, nous ne prendrons pas la route empruntée la veille à notre arrivée, les paysages en valent la peine, évitons l’autoroute au profit des routes nationales plus sujettes à fournir des panoramas dont nos yeux ne se lassent pas… C’est reparti…
Intuition dans l’élaboration de notre itinéraire retour. Feeling plutôt de mise sur le continent qui nous accueille. Une chance énorme… Les ingrédients dont les proportions restent inconnues sont réunis afin de réussir la recette « rencontre avec un ours brun »… Les lacets de la route élue nous auront offert un présent respectueux, un mammifère de la famille des ursidés, jamais nous n’aurions imaginé en croiser un, même si… au fond de nous…
Frédéric a-t-il douté une seconde après mon cri « UN OURS ! » étouffé par l’étonnement et la splendeur de l’événement (celui qui rit, gare, nous avons sympathisé avec l’animal !) que j’étais sérieuse ? Bien sûr que non ! Pas l’ombre d’un soupçon… J’aurais été incapable de traduire telle émotion sans la vivre… Ni une, ni deux, il s’est parqué, tout excité (Il niera sans doute mais vous me faites confiance, n’est-ce pas ?), où il pouvait sur le bas-côté, j’ai agrippé l’appareil photo, changé d’une main tremblante l’objectif, piqué un sprint jusqu’à l’endroit où l’attroupement humain grossissait au fil des minutes, j’ai savouré quelques secondes le spectacle et capturé l’image du plantigrade tant que je pouvais… Un ranger est apparu, vociférant dans son haut-parleur que nous ne stationnions pas à un endroit approprié pour préserver le bon déroulement de la circulation Yosemitienne (Il pensait sans doute que nous avions choisi l’endroit de rendez-vous !)… Foi de nous, demi tour sans perdre notre sang froid, nous avons trouvé l’unique place vacante sur le petit parking le plus proche, nous avons, en toute bonne foi et pour l’entente au sein du couple, permuté les rôles, Karin au volant en garde d’enfant (endormi pendant les événements !) et Frédéric endossant son costume de sprinter, filant à toute allure immortaliser à son tour L’OURS !
Les derniers kilomètres dans les méandres du parc, nous les avons parcourus avec des yeux neufs, éblouis par le cadeau que la nature nous aura apporté sur un plateau verdoyant…
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papylou.
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