|
J’imagine qu’à la vue de ces mots votre mémoire ressort de ses tiroirs le récit pittoresque qui vous donnait un léger aperçu de l’expédition occasionnée par nos premières courses au supermarché du coin. Rassurez-vous, nous avons grimpé des échelons de dignité depuis… Frédéric ne nous accompagne plus (ouch, ça y est, « WANTED KARIN » )… Allez, c’est pour rire… Heureusement qu’il participait au ravitaillement, ce fameux jour, sans quoi, nous passions en mode ‘régime forcé’.
Quoi qu’il en ait été par le passé, la morphologie de mon vélo a quelque peu évolué, un panier s’y est installé afin de transporter trois à quatre fois par semaine (c’est un panier, hein, pas un chalut !) les provisions familiales dont je fais l’acquisition une fois le petit déposé à l’école (ce qui me procure une marge de sécurité au cas où l’approximation que je me fais du volume qui pourra prendre place à l’avant du vélo est légèrement erronée… dans ce cas, issue de secours : le siège d’Aymeric).
Bien sûr, que serait notre frigo américain (il faut y aller pour le remplir, celui-là !) sans les ‘grosses courses’ du samedi ? Entendez par là une charrette à pousser dans les rayons de façon virile (oui, le caddie est réservé à Frédéric) plutôt que le petit panier de la ménagère à balancer nonchalamment d’avant en arrière en semaine. Quand je dis ‘grosses courses’, il faut remettre les articles en tête de banc, inutile d’imaginer une montagne de provisions prenant possession du caddie, celles-ci devraient batailler ferme pour dénicher une petite place dans le moyen de transport itinéraire ‘magasin-appartement’. Tout est calculé au millimètre cube près afin de stocker dans mon panier (je ne réitère pas les présentations) et les sacs à l’arrière du vélo de notre homme (en sa possession l’après-midi même de la fameuse expédition, vous comprendrez le pourquoi du sprint à l’acquisition !).
Jusque là, que du classique, nous avons trouvé nos marques (heu, oui, pour les emplettes aussi).
Tout cela manquait-il de piments ? Il faut croire que oui puisque nous avons décidé, le week-end dernier, de tenter un nouveau magasin ! Bien mal nous en a pris, qui l’eut cru ?
Bon, cette déviation avait quand même un but louable… une petite sortie (sans coccinelle, ) qui nous permettrait de visiter le coin… plus loin. Woodland, c’est le patelin voisin de Davis, là où un Wal-Mart (grande chaîne de magasins aux USA) nous a été répertorié par une collègue de Frédéric. A environ 13 miles (multipliés par 1,6 et nous passons à 20,8 kilomètres), ça devrait aller, belle petite balade en perspective, soleil amical pour nous tenir compagnie, impeccable… Tous à vos pédales (enfin pour les deux tiers parce qu’il en est un qui se laisse promener !).
Début du voyage sur coussins d’air, petit coucou au passage à notre magasin habituel qui, cette fois, nous regarde passer notre chemin… Prolongement de ‘Covell Drive’ avant de bifurquer vers Woodland… Nous réalisons dès les premiers coups de pédales sur cette voie qu’un second compagnon de balade se prénommant « Eole le tout puissant » sera de la partie … Quand ça souffle, ici, ça souffle ! (Ce vent n’a rien à envier à celui de notre mer du Nord !). Nous avons donc peiné, galéré (ces termes paraissent tellement faibles face aux efforts fournis !) pendant une bonne heure, écrasés sur nos bécanes, dans une position aérodynamique de circonstance ! « Pfffff » « Pffffffffff » « Pffffffffffffffffffffff »… Non, Frédéric n’a pas (encore) crevé un de ses pneus, c’est nous qui n’en pouvons plus ! Ras la patate, comme on dit dans ce genre de situation ! Plus les kilomètres (pour le coup, j’utilise nos bons vieux étalons de mesure, vengeance, vengeance) défilent sous nos roues, plus les douleurs conséquentes aux impulsions données à nos deux roues sortent de léthargie, genoux et dos = compote ! (Avantage de ce récit, le repas est presque prêt, patates, compote… reste la viande à trouver… mais là, comme je vous le disais lors d’un précédent article… bonne chance !). Heureusement, le trekking étant autorisé sur les routes californiennes, nous ne nous en privons pas, homme devant, femme dans sa roue et zou, femme devant, homme dans sa roue, alternance des forces restantes… Point commun avec notre mémorable partie de courses des premiers temps ? La maîtrise du guidon en technique « quasi sur place »…
Petit clin d’œil bien américain : à quelques centaines de mètres de notre point d’arrivée, une situation pour le moins loufoque se présente à nous… Une dame remue du popotin, gauche, droite, gauche, droite… une grosse flèche fixée sur cette partie charnue du corps humain. Sur ce panneau ? Le nom d’une agence… Voulez-vous trouver cette agence ? … Suivez le guide !!! Pas de doute, ce n’est pas le vent de la mer du Nord qui empêche notre avancée… nous sommes bien au pays de l’oncle Sam !
Etant donné que toutes les bonnes choses (et les autres aussi) ont une fin, oui, nous arrivons à Woodland… grâce à un moral d’acier ! Pioupiou a certainement dépensé toute son énergie dans la bataille, lui aussi… Quand nous avons posé pied à terre, … il dormait ! Y’a pas à dire, le vent, ça fatigue !
Nous pénétrons dans le complexe commercial… Première surprise, la grande surface qui siège, stoïque, au milieu du parking, n’est pas un Wal-Mart mais un Target, pas de souci, c’est là que nous garnirons sacs et panier, pardi. Seconde surprise, plus pénible, celle-là, les voitures semblent avoir été attirées par un aimant camouflé dans le parking cernant les autres magasins… louche, tout ça ! Il ne nous faut pas une seconde supplémentaire pour comprendre que le bâtiment qui nous intéresse… est en construction !!! Nooooon !!!
Une décision doit être prise malgré l’état d’épuisement de nos cerveaux ayant du lutter contre le découragement total chemin faisant pour atteindre notre cible… vide ! Le coupable de nos muscles endoloris deviendra notre principal allié… nous faisons demi tour afin de nous approvisionner… dans le magasin qui nous a vu passer tout à l’heure, ce magasin si proche de chez nous… à Davis !
Essayons de clore ce récit en étant à la hauteur de cette matinée… le clou du spectacle, Frédéric a roulé sur LA punaise trainant à même une rue de notre petite bourgade, conséquence, un pneu à plat… ! Solidarité ?
|